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La rédaction du questionnaire de mémoire

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La rédaction du questionnaire de mémoire

De la qualité de votre questionnaire vont dépendre la qualité des réponses et l’utilité des données recueillies pour votre étude.
Il faut donc soigner les questions, structurer correctement le questionnaire et éviter certains écueils.

Introduction du questionnaire

Votre questionnaire doit impérativement s’accompagner en introduction d’un mot explicatif concis et efficace précisant :

    • vos références,

    • dans quel cadre vous effectuez cette enquête,

    • dans quel but vous réalisez cette enquête,

    • pourquoi vous interrogez cette personne,

    • l’anonymat de l’enquête,

    • des remerciements pour le temps consacré.

 Exemple : «Madame, Monsieur, étudiant en Sociologie politique à L’université X, je réalise un mémoire de fin d’études sur les pratiques électorales des seniors. Dans ce cadre, je vous remercie de bien vouloir consacrer quelques minutes pour répondre au questionnaire ci-joint. Vos réponses sont anonymes.»

Les différents types de questions

Questions fermées à réponse unique

→ Il s’agit de questions qui impliquent le choix entre deux possibilités de réponses.;

→ Par exemple : «Au cours de votre repas avez-vous mangé du pain ?»
☐ | OUI
☐ | NON

    • Avantages : rapidité d’administration, simplicité de traitement, faible interprétation possible pour le questionné.

    • Inconvénients : manque de nuance, ne permet pas une analyse approfondie.

Questions à choix multiples à réponse unique

→ Les questions à choix multiples à réponse unique :
Il s’agit de questions qui invitent l’enquêté à faire un choix parmi une multitude de suggestions.

Exemple : «Quel est approximativement votre revenu brut mensuel ?»

☐ | moins de 1500 €
☐ | entre 1500 et 3000€
☐ | entre 3000 et 6000€
☐ | plus de 6000€

    • Avantages : rapidité d’administration, simplicité de traitement, permet de ne pas mettre mal à l’aise l’interviewé en proposant notamment des fourchettes.

    • Inconvénients: possibilité d’hésitation, mémorisation difficile pour le répondant si le questionnaire se réalise à voix haute.

Questions à choix multiples à réponses multiples

→ Il s’agit de questions qui proposent à l’enquêté de sélectionner plusieurs réponses parmi les choix proposés.

Exemple :« Pour vous la lecture c’est» (2 réponses possibles) :

☐ un divertissement
☐ une activité solitaire
☐ un moyen utile pour vous cultiver
☐ un ennui

    • Avantages : facilité de collecte de l’information, richesse de l’information.

    • Inconvénients: risque d’induire des réponses (dans ce cas prévoyez toujours une case « autre » en demandant de préciser), sentiment de frustration de l’enquêté si sa réponse n’est pas dans la liste.

 

Questions à classement hiérarchique

→ Il s’agit de questions qui invitent l’enquêté à établir un classement des propositions soumises.

Exemple : «Parmi les qualités suivantes, quelle est celle que vous attendez d’un téléphone ?» (Classez par ordre d’importance décroissante de 1 à 7 les qualités suivantes)

☐ l’esthétique
☐ la qualité du son
☐ la grande taille de l’écran
☐ la qualité de l’image
☐ la capacité de stockage
☐ la résistance à l’eau et aux chocs
☐ l’impact environnemental de sa construction

    • Avantages: hiérarchisation.

    • Inconvénients: le questionnement et le traitement peuvent être difficiles, risque d’hésitation de l’enquêté.

Questions à classement hiérarchique avec échelle

→ Il s’agit de questions qui invitent l’enquêté à attribuer une note à des propositions. Il existe différentes échelles :

    • l’échelle de Likert : exprime l’intensité de son approbation.

Exemple : «Que pensez-vous de la qualité de ce service ?»

☐ très satisfait
☐ plutôt satisfait
☐ peu satisfait
☐ pas satisfait
☐ pas du tout satisfait

    • l’échelle de Thurstone : permet d’apporter des nuances sur l’échelle.

Exemple : «Dans quelles mesures êtes vous satisfait de votre lessive ?»

Très satisfait

Plutôt satisfait

Plutôt insatisfait

Très insatisfait

1 □           2 □

3 □           4 □

5 □          6 □

7 □          8 □

 
    • l’échelle d’Osgood: échelle bipolaire qui oppose deux affirmations contraires. On demande à l’enquêté de se positionner entre les deux extrémités.
 
Exemple : «Vous pensez que notre offre de vacances au ski est» (cochez une case par ligne)
 
 

Très

Assez

Sans avis

Assez

Très

 

Accessible

Cher

Intéressante

Ennuyeuse

Adaptée aux adolescents

Inadaptée aux adolescents

 

Questions ouvertes

→ Il s’agit de questions qui invitent l’enquêté à s’exprimer librement sur un sujet.

Exemple : « Que pensez-vous de votre visite ?; Quelles marques de yaourts connaissez-vous ?»
    • Avantages: l’enquêté n’est pas contraint par une réponse pré-définie, question plus motivante pour l’interviewé (a le sentiment qu’on lui demande vraiment son avis), peut faire émerger des réponses inattendues auxquelles on n’aurait pas pensées.

     • Inconvénients : plus difficile à traiter (analyse du discours), sur des sujets sensibles l’enquêté peut éviter la question ou rester neutre.

Autres composantes d’un questionnaire

→ Au-delà des questions, d’autres items peuvent être utilisés.

 Exemples :

 – Complétez cette phrase : « Le cinéma c’est …………………………….. »

«Parmi ces images, laquelle reflète le mieux votre idéal de vacances ?»

«Citez dix mots qui vous viennent à l’esprit quand je vous dis « vacances ».

Structuration du questionnaire

L’enchaînement des questions à toute son importance. Nous vous délivrons donc quelques conseils.

Classer les questions par thème

→ Il est important de bien répertorier vos questions.

→En les classant par thème, vous évitez de proposer des enchainements de questions n’ayant aucun rapport les unes avec les autres.

Aller des questions générales aux questions spécifiques

→ Votre sujet ainsi que vos questions de recherche vous invitent à aller chercher des informations ciblées.

→Néanmoins, il ne faut pas omettre le recueillement d’informations plus générales qui permettront par ailleurs d’appréhender des points plus spécifiques.

→ Utilisez donc la méthode de l’entonnoir en partant du général pour ensuite vous focaliser sur des aspects plus particuliers.

Commencer le questionnaire par des questions simples qui mettent en confiance la personne interrogée

→ Lorsqu’une personne consent à participer à l’administration d’ un questionnaire, elle doit être mise en confiance.

→ Des questions simples, dès le départ, lui permettent de s’exprimer sereinement et l’invitent par ailleurs à développer ses propos au fur et à mesure de l’administration du questionnaire.

Terminer le questionnaire par les questions d’identification (âge, sexe, CSP…)

→ Ces informations sont particulièrement importantes, notamment afin de dégager des tendances à l’appui de ces critères.

→ Néanmoins, les solliciter en début de questionnaire ne revêt pas d’intérêt, cela peut même déconcentrer votre interlocuteur.

→ Posez donc ces questions à la fin du questionnaire.

Veiller à la longueur du questionnaire

→ Un questionnaire trop court, mal construit ne vous permettra pas de mener à bien votre travail de recherche.

→ A contrario, un questionnaire trop dense pourrait éventuellement décourager votre interlocuteur.

→ Veillez donc à construire un questionnaire ni trop court, ni trop long.

Vérifier que toutes les questions posées sont utiles pour traiter votre objet d’étude

→ Vos questions de recherche vous suggèrent de chercher des informations données.

→ Votre travail, vos questions doivent donc être circonscrits à votre objet de recherche.

→ Il est inutile de poser des questions inappropriées: certaines questions sont peut-être intéressantes mais n’ont aucun lien avec votre sujet. Vérifiez que deux questions ne se répètent pas.

Biais à éviter

→ Il existe de nombreux biais, aussi il est particulièrement important de les appréhender en amont.

Éviter les mots trop techniques

→ Il faut bannir les mots trop techniques, ambigus ou trop vagues. Les questions doivent être simples et compréhensibles, sans double sens.

→ Si l’interrogé ne maîtrise pas le sens d’un mot, ses réponses peuvent ne pas refléter ce qu’il pense concrètement.

Eviter les questions à double négation

→ Ce type de questions peut également générer une mauvaise compréhension de vos propos;

→ Par exemple : « N’estimez-vous pas que les campagnes publicitaires n’ont pas d’impact sur les personnes de plus de 80 ans ? »

Préférer les fréquences aux expressions d'appréciation

→ Pour les choix de réponses, préférez les fréquences (plus de 3 fois par semaine, plus de 10 fois par semaine) plutôt que les expressions d’appréciation (régulièrement, rarement…) car ces dernières sont subjectives.

Opter pour des questions indirectes

→ Détournez les questions qui mettent en jeu la désirabilité sociale, le prestige…

→ Par exemple : si vous posez la question : « Lisez-vous une histoire à votre enfant le soir ? » Beaucoup vous répondront oui car en répondant « oui » les personnes interrogées auront le sentiment d’être de bons parents, mais la réalité est peut être différente.

→ Pour éviter ce biais, passez par une question indirecte. Par exemple : « Quelles sont vos activités de 19h à 22h ? »

Eviter les questions dont la formulation sous-entend une réponse évidente

→ Par exemple : « La confiance est-elle selon vous un facteur de durabilité du couple ? » Tout le monde vous répondra « oui ». Préférez alors la question suivante : « Quels sont, selon vous, les facteurs de durabilité du couple ? »

→ Veillez toujours à la neutralité du ton des questions pour ne pas mettre mal à l’aise la personne interrogée. Aucune des questions ne doit refléter un jugement sur la personne enquêtée.

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